Histoires d'éleveurs amateurs.

L'oiseau et l'enfant



  Eleveur de canaris depuis plus de cinquante ans et participant à de très nombreuses expositions ornithologiques, le principe d'organiser un concours de dessins avec les enfants des écoles m'a paru être une des meilleures solutions pour attirer les jeunes enfants vers le monde au combien merveilleux des oiseaux.

  Nous, les parents ou les grands parents qui élevons des oiseaux depuis de très nombreuses années, travaillons-nous toujours pour assurer la relève par nos rejetons de la passion que nous avons depuis notre plus jeune âge ? Je ne le crois pas.

  En effet lors des exposions, auxquelles je participe depuis des années, que ce soit en régionale, nationale ou mondiale, une remarque s'impose : les jeunes éleveurs commencent à se faire de plus en plus rare ! Avons-nous vraiment réfléchi au pourquoi de ce phénomène ?

  Il est certain que la jeunesse a maintenant des plaisirs autres que notre génération a pu avoir, mais malgré cela, je pense que si nous ne permettons pas à nos jeunes de nous suivre dans nos pièces d'élevage pour qu'ils  ne dérangent  pas nos oiseaux, peu d'entre eux seront des éleveurs dans les années à venir.

  Le déclenchement de la passion doit se faire très jeune, il faut permettre aux enfants ou petits  enfants de donner à manger et à boire aux oiseaux sous notre surveillance bien sûr, leur apprendre à baguer les oisillons afin qu'ils aient très tôt le contact direct avec l'animal.

  Un autre problème se pose aussi très fréquemment dès qu'un jeune s'est décidé à faire de l'élevage, c'est l'achat de ses premiers oiseaux. Combien de fois j'ai vu des soit-disant éleveurs vendre à ces jeunes  des oiseaux qui n'avaient aucune valeur au standard, en mauvaise santé et souvent très chers !  Le résultat étant classique, celui-ci perdait ses nouveaux oiseaux dans un délai très court ou à sa première exposition, récoltait un pointage épeurant.

  Il y a aussi l'éleveur réputé qui ne vous vendra jamais un oiseau ayant trop peur que vous deveniez pour lui un concurrent dangereux, ceci est un cas que j'ai connu personnellement avec un éleveur de canaris de posture et il poussa même l'hypocrisie jusqu'à me donner des adresses en Belgique d'éleveurs qui avaient le culot de vouloir me vendre des oiseaux sans aucune valeur à un prix exorbitant !

  Je terminerai cet article sur un conseil pour nous les anciens : lorsqu'un jeune, ou une jeune, vient vous voir pour se renseigner sur l'élevage des oiseaux, n'ayons pas peur de prendre un peu de notre temps pour leur expliquer que l'élevage est une chose merveilleuse mais qu'il y a un apprentissage à faire, qu'il faut se faire conseiller le plus possible par des éleveurs qui ont de la pratique depuis de nombreuse années.

  Il serait souhaitable dans le but d'attirer des jeunes vers l'élevage que nous, les anciens, nous les parrainions durant les premières années de leur apprentissage de cette passion qu'est l'ornithologie.

Yves Donneger

Elevage de canari


COMMENT J'ELEVE MES CANARIS

Depuis toujours chaque éleveur a sa façon  à lui d'élever ses canaris  avec les résultats que l'on connaît, une année bien, une autre un peu  moins bien et parfois une année d'élevage qui s'avéra être catastrophique sans que l'on sache pourquoi et c'est pour cela que je vais vous expliquer la façon dont je procède depuis quelque années et qui dans l'ensemble m'a donné d'assez bon résultats.

Eleveur de canaris depuis plus de 50 ans, j'ai débuté avec un couple de canaris jaune que ma famille m'avait offert à l'occasion de ma communion et qui l'année suivante m'a donné 12 jeunes en trois couvées dans une petite cage au dessus d'un évier avec tous les inconvénients que cet emplacement pouvait procurer aux oiseaux.

A cette époque les canaris étaient de couleur jaune ,vert ou panaché et les éleveurs amateurs ne connaissaient pas les canaris rouge et les autres variétés que nous connaissons maintenant ,leur nourriture en graines était composée de chènevis, de navette et de gruau d'avoine et comme pâtée lorsqu'il y avait des jeunes nous la faisions avec un jaune d'œuf et des biscottes, un sucre blanc aux barreaux de la cage et de la salade et nous n'avions pas de problème de mortalité d'oisillons au nid, nos couples étaient rustiques et très solides.

Les problèmes ont commencé à arriver lorsque les éleveurs ont voulu diversifier les couleurs des canaris, leur grosseur et leur plumage par de la consanguinité à tout va, ce qui a eu comme résultat de fragiliser énormément nos oiseaux mais par contre ils avaient réussi pour les canaris à nous sortir environ 100 couleurs d'oiseaux différents ainsi qu'un nombre presque aussi important de canaris dit de posture.

Autre problème que je considère aussi comme très important et qui à perturbé énormément les oiseaux, l'élevage de ceci dans des pièces d'élevage à la lumière artificielle, l'éclairage étant souvent d‘une durée trop importante en période de repos ce qui fragilise nos reproducteurs qui  ne récupèrent pas des fatigues provoquées par la mue et pour certains par trop d'expositions ainsi que l'utilisation à outrance des antibiotiques pour un oui ou pour un non

Eleveur de canaris Lizard depuis de nombreuses années et après avoir élevé des Fife Fancy, des Borders, des Frisés du Nord, du Sud  et des Frisés Parisiens, j'ai choisi cet oiseau car en expositions il était devenu très rare d'en voir et cela m'a poussé à vouloir réintroduire cet oiseau superbe dans nos élevages.

Les débuts ont été très laborieux car les conseils d'élevage et de sélection étaient rares, les quelques éleveurs faisant encore cette race ne divulguaient pas facilement des conseils afin de ne pas être concurrencés, ou nous vendaient des oiseaux qui comme par hasard ne reproduisaient pas, enfin un grand nombre d'entre nous ont connu ces problèmes dans toutes les races

Je profite de cet article pour remercier Yves Hanin,  ancien juge de postures et maintenant un ami très cher pour les conseils qu'il m'a apportés et qui m'ont permis d'arriver au niveau ou je suis maintenant.

Revenons maintenant après cet exposé à la façon dont j'élève mes oiseaux

a)                La première des choses est de choisir des reproducteurs en bonne santé, de l'année si possible mais cela n'est pas un impératif car pour ma part, j'ai parfois acheté des oiseaux de trois ans quand ceci me plaisaient bien, l'expertise que je fais avant d'acheter et de voir si il n'y à pas de défauts majeurs comme par exemple pour le lizard d'ongle blanc qui est une tare éliminatoire en concours ou le ventre rouge présage de gros problèmes.

b)                  Mon premier travail lorsque de nouveaux oiseaux arrivent chez moi est de les traiter contre les poux, précaution impérative pour éviter toute contamination d'un élevage et ensuite les oiseaux restent en quarantaine une quinzaine de jours pour les habituer à leur nouveau cadre et à leur nouvelle nourriture. Certains éleveurs ou vendeurs ont la gentillesse  de vous dire leur façon de nourrir les oiseaux mais ce n'est pas toujours le cas alors je donne un mélange à base d'alpiste auquel je rajoute du mélange de perruche qui est riche en millet jaune et blanc pour éviter toute diarrhée avant de revenir à une nourriture normale après un mois de ce régime. Dans la cage je dépose toujours un petit ramequin avec du gris et du charbon.


Préparation à l'élevage

Vers la mi octobre mes oiseaux qui après le sevrage ont passé tout l'été dans une volière extérieure afin de s'oxyder au maximum sont rentrer  dans ma pièce d'élevage et remis en cage par deux pour déterminer plus facilement le mâle et les femelles et pour pouvoir faire un tri pour les oiseaux qui pourront aller défendre mes chances en expositions. Comme il rentre de l'extérieur il n'y a aucun éclairage dans ma pièce ni aucun chauffage la fenêtre sur l'extérieur étant ouverte en permanence ce qui évite que mes oiseaux refasse une nouvelle mue. N'ayant plus de dépense physique  comme dans la volière, la nourriture est exclusivement un mélange de graines blanches, de la pâtée une fois par semaine, de la pomme ou de l'oignon deux fois par semaine, du gris avec du charbon en permanence et une baignoire tous les deux ou trois jours.

Pour les oiseaux que je prévois pour les expositions, ils sont mis en cage de concours une dizaine de jours avant le concours et dans leurs graines je remets un peu d'œillette bleu pour les calmer. Au retour de l'exposition les oiseaux sont remis dans les cages d'élevage après une vérification pour les poux et un bain dans de l'eau avec un sel de bain Volvit de chez Coustenoble pour supprimer toutes les vermines dans le plumage. Surtout ne pas oublier de remette de l'oignon ou dans l'eau de la buvette ou si l'oiseau est habitué comme les miens en morceaux dans la cage, ce légume étant très riche en vitamines

Lorsque les expositions sont terminées c'est-à-dire au environ du 15 décembre je sépare mes mâles de mes femelles pour les mettre seul au repos dans leur batterie d'élevage jusqu'à l'accouplement, les femelles restant toutes ensembles dans des grandes cages ou volière afin de continuer à se donner de l'exercice. La nourriture reste la même que celle donnée depuis la rentrée des volières extérieures, dans ma pièce d'élevage je n'utilise pas d'éclairage pour que mes oiseaux conservent le cycle naturel de la nature et la température dans cette pièce ne dépasse jamais les 10 à 12 degrés avec une hydrométrie d'environ 70 à 75. Pour mes reproducteurs qui n'ont pas à faire d'expositions ceci restent en volière extérieur même l'hiver et ne sont rentrés dans ma pièce d'élevage qu'au moment des accouplements. Le canari supporte très bien le froid, il faut simplement lui donner une nourriture un peu plus riche et ne pas oublier de lui accrocher un morceau de lard de cochon dans la volière pour que l'oiseau devienne plus gras et que son organisme se protège du froid.

Mes accouplements se faisant à la Saint Joseph c'est-à-dire le 19 mars, je commence la préparation de mes mâles un mois avant mes femelles car la préparation des mâles étant plus longues que pour les femelles, celle-ci commence au environ du 20 janvier par un changement de nourriture, au mélange classique de graines canaris je rajoute un tiers de mélange de graines de chardonnerets et ceci dans le but de commencer tout doucement l'excitation de mes mâles, la pâtée leur est donnée tous les 3 jours pendant les trois premières semaines et tous les 2 jours ensuite, un ramequin de gris avec du charbon en permanence et de l'oignon ou de la pomme. L'oignon que nous donnons aux oiseaux doit être épluché deux jours avant d'être mis dans la cage afin qu'il  perdre son acidité et cela surtout au début quand les oiseaux ne sont pas encore habitués à cette nourriture.

J'avais remarqué avant de pratiquer cette méthode de préparation que très souvent à la première couvée qui par principe doit être la meilleur nous avions un nombre très important d'œuf clairs et le doute pouvait s'installer dans notre esprit de savoir si c'été le mâle ou la femelle qui n'était pas fécond. Depuis que je prépare mes mâles un mois avant mes femelles je n'ai plus ce problème là. Je ne blanchis pas mes oiseaux ayant pour principe que si celui-ci est en bonne santé il n'a pas besoin d'antibiotique, un humain se fait prescrire des antibiotiques par son médecin que lorsqu'il est malade, pour les oiseaux il en est de même.

Au 20 février je commence la préparation de mes femelles avec le même mélange de graines que je donne à mes mâle depuis un mois la seule différence est la pâtée qui n'est pas la même. Pour mes mâle j'utilise de la pâtée du commerce sèche de marque Orlux avec des graines germées mais pour mes femelles je leur fournie de la pâtée que je fabrique moi-même de la façon suivante : je passe au mixeur, pour environ 20 couples et pour deux ou trois jours 6 biscottes, 3 madeleines ou du quart quart selon mes disponibilités, 1 pot à crème brûlée de gruau d'avoine et trois jaunes d'œuf. A ce mixage je rajoute de la semoule de couscous que j'ai fait auparavant gonflée avec de l'eau froide ainsi que des graines germées, 50grammes de pâtée industrielle ORLUX , une cuillère à café de levure de bière en alternance avec de la poudre de sofcanis, vitamine que l'on donne aux chiots et qui possède la même composition que nos vitamines spécifiques que pour les oiseaux, la seule différence est le prix, une boite de SOFCANIS de 500 grammes qui me dure deux ans coûte 11 euro au vétérinaire ou en pharmacie alors qu'une petite bouteille de vitamines coûte se prix là et me dure trois jours.

Deux jours avant la Saint Joseph je mets mes femelles avec les mâles que je leur ai choisi en ayant auparavant vérifié la longueur des ongles et déplumé  les parties génitales des males et femelles, le nid n'étant mis que deux jours après.

La nourriture en graines redevient la nourriture classique du canaris et je donne de la pâtée jusqu'au troisième œuf, pendant le temps de couvée je ne donne aucune pâtée jusque la veuille de l'éclosion pour que les oiseaux soient le plus calme possible et depuis l'accouplement j'ai supprimé les pommes, les oignons et autres verdure.

A la naissance des jeunes la pâtée que je fabrique est donnée en petite quantité pour être augmenter progressivement, par compte elle est remplacée tous les jours ou même deux fois par jour si la température est importante et ceci pour éviter que les oisillons ne soient pas nourri avec de la nourriture avariée. A partir du quinzième jour, je commence à rajouter à ma pâtée de l'alpiste que j'ai préalablement fait cuire dans une casserole  pendant une quinzaine de minutes dans le but de commencer à habituer mes oisillons à cette nourriture.

Mes jeunes oiseaux ne sont jamais séparés des parents avant l'âge de 30 jours, le sevrage durent aussi pendant 1 mois dans des grandes cages avec comme nourriture de l'alpiste cuit mélangé avec de la pâtée  maison et un peu de mélange classique pour habituer les oiseaux à leur future nourriture. Après cette période de sevrage les oiseaux sont mis en volière avec une nourriture normale plus de la pâtée industrielle et des graines germées jusqu'à la fin de la mue, pommes, oignons ou mouron blanc tous les deux jours et je peux vous dire que je ne perds pratiquement pas de jeunes oiseaux

Au environ du 15 août je vaccine tous mes oiseaux contre la variole au Diftosec CT qui est un produit pour la variole du poulet mais avec les mêmes composants que le Poulvac  et qui jusqu'à présent m'a donné toute satisfaction ainsi qu'à de nombreux autres éleveurs dont élevage avait été atteint par cette terrible maladie pour le canari.


                                                  Yves DONNEGER
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Dernière mise à jour le :lundi 12 janvier 2015
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